Le conseil municipal d’Alfortville réuni en sa séance du jeudi 15 décembre
2005 a émis le vœu suivant :
Confronté à une révolte née de l’accumulation des inégalités et des discriminations dans les banlieues et les quartiers pauvres, le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape d’une extrême gravité dans l’escalade sécuritaire.
La proclamation de l’état d’urgence répond sur le seul terrain de la répression à une révolte dont les causes sont profondes. En effet, les récentes émeutes urbaines ont illustré de la pire manière qui soit, l’expression d’un mal-être social.
A la seule réponse répressive, qui renforcerait le sentiment d’injustice, nous appelons à un véritable engagement social et éducatif, au travers de la mise sur pied d’une véritable politique qui vise à construire un avenir collectif meilleur.
Au-delà du message symbolique désastreux que nourrira la référence à la guerre d’Algérie, il ne s’agit pas seulement de « couvre-feu ».
En fait, la loi du 3 avril 1955 vise à interdire de séjour « toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics », à assigner à résidence « toute personne dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », à fermer des « lieux de réunion de toute nature » et interdire des « réunions de nature à provoquer ou entretenir le désordre ». Le gouvernement a même prévu des perquisitions de nuit. Il peut, en outre, faire « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature » et donner compétence aux juridictions militaires en concurrence avec les juges ordinaires.
Depuis trois ans et demi, la violence s’est endurcie car le gouvernement de droite a abandonné les quartiers populaires. Il a réduit les effectifs de policiers là où ils sont les plus nécessaires, supprimé la police de proximité, licencié les emplois jeunes, coupé les crédits des associations, défait les services publics, méprisé les besoins éducatifs, ignoré les élus locaux qui tiraient la sonnette d’alarme et favorisé le communautarisme. Jacques Chirac promettait en 1995 de résorber la « fracture sociale » et en 2002 de réduire l’insécurité. En 10 ans, il a surtout fabriqué de l’insécurité sociale, il n’a pas su assurer la sécurité des biens et des personnes.
La République n’a pas besoin de régime d’exception mais d’engagement social et éducatif.
En conséquence, le Conseil municipal d’Alfortville émet le vœu que soit immédiatement levé l’état d’urgence.
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